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Images de pièces générées ou retouchées par IA : ce qu’il faut signaler

Les obligations de transparence de l’AI Act s’appliquent depuis le 2 août 2026. Pour le commerce de pièces, une question tranche : l’image montre-t-elle l’exemplaire proposé – ou quelque chose qui lui ressemble ?

Publié: 2026-09-13Temps de lecture: 13 minDroit et justificatifs
Droit & conformitéAftermarket automobileIntelligence artificielleMarketplacesCommerce de piècesAPIAtelier

Les images de pièces arrivent rarement brutes dans une annonce. On retire le fond, on rend les numéros de série illisibles, on place une pièce neuve dans un décor d’atelier ou l’on génère une vue entière faute de photo. Depuis le 2 août 2026, une question juridique se pose sous une forme nouvelle : que faut-il signaler ? La réponse se situe à deux niveaux — les obligations de transparence de l’AI Act et l’interdiction des pratiques trompeuses issue du droit de la concurrence et des règles des marketplaces. La prise de vue elle-même est traitée dans Photos de pièces : comment les images vendent l’occasion ; cet article porte uniquement sur le signalement.

Deux obligations, deux destinataires

L’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle distingue deux rôles. Selon l’article 3, point 3, le fournisseur développe un système d’IA ou le fait développer et le met sur le marché ou en service sous son propre nom ou sa propre marque. Selon l’article 3, point 4, le déployeur utilise un système d’IA sous sa propre autorité, sauf dans le cadre d’une activité personnelle à caractère non professionnel. Un négociant, un atelier ou une boutique qui utilise dans son activité un outil d’image tiers répond donc à la définition du déployeur. Chaque rôle a ses propres obligations :

Article 50, paragraphes 2 et 4, comparés
Art. 50, par. 2 : marquageArt. 50, par. 4 : divulgation
Qui est viséLes fournisseurs de systèmes d’IA qui génèrent des contenus de synthèse de type audio, image, vidéo ou texteLes déployeurs d’un système d’IA qui génère ou manipule des images ou des contenus audio ou vidéo constituant un hypertrucage
Ce qui est exigéMarquer les sorties dans un format lisible par machine et les rendre identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IAIndiquer que les contenus ont été générés ou manipulés par une IA
Quels contenusToutes les sorties de synthèse, sauf exceptionUniquement les hypertrucages au sens de l’article 3, point 60
ExceptionsFonction d’assistance pour la mise en forme standard ; absence de modification substantielle des données d’entrée fournies par le déployeur ou de leur sémantique ; répression pénaleRépression pénale ; divulgation limitée pour les œuvres ou programmes manifestement artistiques, créatifs, satiriques, fictifs ou analogues
Forme et momentSolutions techniques efficaces, interopérables, solides et fiables dans la mesure où cela est techniquement possibleDe manière claire et reconnaissable, au plus tard lors de la première exposition, et accessible (par. 5)
ApplicationDepuis le 2 août 2026 ; pour les systèmes mis sur le marché avant cette date, au plus tard le 2 décembre 2026Depuis le 2 août 2026, sans période transitoire

Quand une image de pièce est un hypertrucage

Le terme évoque des vidéos truquées de responsables politiques, mais la définition est plus large. Selon l’article 3, point 60, un « hypertrucage » est « une image ou un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé par l’IA, présentant une ressemblance avec des personnes, des objets, des lieux, des entités ou événements existants et pouvant être perçu à tort par une personne comme authentiques ou véridiques ». Les objets sont expressément visés. Les lignes directrices de la Commission soulignent que l’appréciation est objective : aucune intention de tromper n’est requise ; comptent la ressemblance, le message, le contexte de diffusion et les attentes du public. Elles citent expressément comme hypertrucage une image de produit générée par IA, dans une publicité ou sur un emballage, susceptible d’induire en erreur sur l’apparence, les caractéristiques ou l’usage réels du produit. N’en est pas un, en revanche, un produit réel présenté sur un fond généré par IA, tant que la publicité n’est pas de nature à tromper sur la représentation, les caractéristiques et l’usage du produit.

  • Annonce de pièce d’occasion. Pour un exemplaire unique, l’acheteur attend la photo de cet exemplaire précis. Une image générée sans mention y passe pour une photo — exactement la situation que décrit la définition.
  • Pièce neuve au catalogue. Une image générée d’une pièce de série ressemble à un objet existant. Qu’elle paraisse à tort authentique dépend de son aspect photographique et d’éventuels écarts de forme, de couleur ou de marquage par rapport à la pièce réelle.
  • Seul le fond est nouveau. Selon les lignes directrices, l’ajustement ou le remplacement de fonds à des fins clairement esthétiques n’a vraisemblablement qu’un impact mineur sur la perception d’authenticité du produit — à condition que la pièce elle-même reste inchangée.
  • La pièce est embellie. Si elle paraît plus propre, plus complète ou de meilleure qualité qu’en réalité, on retrouve l’exemple même des lignes directrices : un produit qui paraît non identique au produit réel, plus attrayant ou de qualité améliorée.

La question centrale : exemplaire ou représentation ?

Quatre traitements, quatre réponses à la question du signalementUne image de pièce — Avant publication : la pièce vient-elle de votre propre photo ? 1. Détourage (POST /vision/part/remove/bg): sourcePixelsPreserved: true – photo de l’exemplaire, mise en forme standard 2. Anonymiser les identifiants (POST /vision/identifiers/redact): Photo originale aux identifiants masqués ; signaler l’intervention 3. Insérer une pièce neuve (POST /vision/part/composite): Qualification et texte de mention dans provenance 4. Générer une image (POST /vision/part/generate): synthetic: true dans le résultat — une représentation, jamais la photo de l’occasion L’hypertrucage dépend de ce que l’image puisse être perçue à tort comme authentique par l’acheteur, non de l’outil. La mention visible dans l’annonce reste l’affaire de celui qui publie.Une image de pièceAvant publication : la piècevient-elle de votre proprephoto ?Quatre traitements, quatre réponses à la question dusignalementDétouragePOST /vision/part/remove/bgsourcePixelsPreserved: true – photo de l’exemplaire, mise enforme standardAnonymiser les identifiantsPOST /vision/identifiers/redactPhoto originale aux identifiants masqués ; signalerl’interventionInsérer une pièce neuvePOST /vision/part/compositeQualification et texte de mention dans provenanceGénérer une imagePOST /vision/part/generatesynthetic: true dans le résultat — une représentation,jamais la photo de l’occasionL’hypertrucage dépend de ce que l’image puisse être perçue à tort comme authentique par l’acheteur, non del’outil. La mention visible dans l’annonce reste l’affaire de celui qui publie.
Quatre traitements, quatre qualifications. Ce qui compte, c’est que la pièce elle-même provienne de votre propre photo.
Traitements courants et leur qualification
TraitementQualification au regard de l’article 50Conséquence pour l’annonce
Fond retiré, pixels de la pièce inchangésLes lignes directrices citent la suppression et le masquage de fonds visibles dans le fichier d’origine comme exemple de mise en forme standard, à laquelle le paragraphe 2 ne s’applique pasReste une photo de l’exemplaire. Les défauts ne doivent pas disparaître au passage
Numéros de série et codes rendus illisiblesIntervention sur des zones isolées ; l’objet lui-même reste la photo. Les lignes directrices citent la pixellisation ou le floutage de visages comme modification mineure, sans mentionner expressément les identifiants. La qualification dépend du casMention que des identifiants ont été anonymisés — voir Anonymiser les identifiants sur les photos sans perdre la référence OE
Pièce neuve insérée dans une scènePour le paragraphe 2, les lignes directrices rangent les images composites qui modifient la représentation d’objets parmi les cas à marquer. Pour la question de l’hypertrucage, les changements de fond à visée esthétique et les agencements de produits existants dans la publicité n’ont vraisemblablement qu’un effet mineurÀ signaler si l’image donne l’impression d’une vraie photo ou montre la pièce modifiée
Vue générée à partir d’images de référenceContenu de synthèse au sens du paragraphe 2 ; hypertrucage au sens du paragraphe 4 s’il passe pour une photoSignaler visiblement comme représentation ; pour l’occasion, jamais à la place de la photo
Vue générée sans référence, à partir des connaissances du modèleIdem ; la proximité avec la pièce réelle est ici la moins étayéePertinent uniquement pour les pièces neuves, toujours signalé comme représentation

Pratiques trompeuses : l’obligation qui s’applique indépendamment de l’IA

L’article 50 régit la reconnaissabilité d’un contenu artificiel. Le caractère trompeur d’une annonce continue de relever du droit de la concurrence déloyale ; les lignes directrices de la Commission précisent elles-mêmes que le critère de l’hypertrucage s’entend indépendamment de la notion de tromperie de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Pour les annonces en Allemagne, la référence est la loi contre la concurrence déloyale (UWG). Selon le § 5, al. 1 UWG, agit de manière déloyale quiconque se livre à une pratique commerciale trompeuse de nature à amener le consommateur ou un autre acteur du marché à prendre une décision commerciale qu’il n’aurait pas prise autrement. Sont notamment trompeuses, selon l’al. 2, n° 1, les indications fausses ou de nature à tromper sur les caractéristiques essentielles du produit, comme son type, son exécution, ses accessoires et ses propriétés. Le § 5a UWG vise la tromperie par omission d’informations essentielles. Une image peut donc respecter l’AI Act et malgré tout tromper.

Pour une pièce d’occasion, l’état de l’exemplaire est la caractéristique essentielle. Une image générée ne montre aucun état ; elle montre une pièce qui ne se trouve pas sur l’établi sous cette forme — sans la rayure, la patte manquante, la corrosion. Une mention « générée par IA » ne transforme pas cette représentation en indication d’état. Proposer une pièce d’occasion avec une seule représentation laisse ouverte la question à laquelle l’image doit justement répondre.

Comment signaler

  1. Près de l’image, pas dans les petits caractères. Lorsqu’une obligation de divulgation existe, l’article 50, paragraphe 5, exige que l’information soit fournie de manière claire et reconnaissable au plus tard lors de la première exposition. La FAQ de la Commission cite les mentions visibles comme exemple.
  2. Avec une formulation qui nomme la différence. « Représentation générée par IA – pas une photo de la pièce proposée » en dit plus à l’acheteur qu’un simple « IA ».
  3. Dans la légende ou le texte de l’annonce si le texte dans l’image est interdit. Là où la marketplace n’admet pas de texte dans les images, restent la légende ou la description.
  4. Avec un indicateur dans votre fichier articles. Un champ séparant images photographiées et images générées évite qu’un export ultérieur ne présente une représentation comme une photo.
  5. Sans supprimer le marquage du fournisseur. Le marquage lisible par machine prévu au paragraphe 2 est apposé par le fournisseur du système. S’il figure dans les métadonnées, il disparaît lorsque l’export supprime les métadonnées.

Ce que l’API tapinomahub renvoie à ce sujet

Les services d’image de l’API tapinomahub distinguent ces cas dès le résultat. Les champs suivants figurent dans le contrat publié ; les schémas complets sont décrits dans la documentation développeur.

Champs de signalement par appel
AppelChamps de la réponseSignification
POST /vision/part/remove/bgsourcePixelsPreserved, limitationssourcePixelsPreserved: true confirme que les pixels de l’objet proviennent de la photo transmise. La réponse ne contient pas de champ de signalement propre
POST /vision/identifiers/redactpar image dans assets[].provenance : assetType, synthetic, requiredLabel, disclosureEmbeddedQualification du résultat, texte de mention prévu et indication qu’une mention est intégrée au fichier
POST /vision/part/compositeasset.provenance avec les mêmes champs, plus partIdentityPreservedQualification, texte de mention, mention intégrée et indication que la pièce insérée est conservée
GET /vision/part/generation-jobs/{jobId}dans result : synthetic, disclosure, basis, et par vue dans views synthetic et partIdentityVerifiedRésultat d’un travail lancé par POST /vision/part/generate ; synthetic y vaut toujours true

Pour la génération, la source fait partie de la commande. La valeur par défaut de sourceMode est references_required ; la génération à partir des seules connaissances du modèle se commande expressément avec knowledge_only. Le résultat indique dans result.basis s’il repose sur reference_images ou sur knowledge. Les vues qui portaient des marquages non étayés figurent dans result.coverage.skippedAngles avec le motif generated_view_carried_unsupported_markings au lieu du jeu d’images, et result.finish.colorAppearanceIsAuthoritative vaut toujours false : le rendu des couleurs d’une représentation n’est pas une indication de teinte. Le parcours complet de l’image jusqu’à l’annonce est décrit dans De la photo de pièce à l’annonce : la voie image de l’API tapinomahub.

Cet article reflète la situation juridique au 13 septembre 2026 et ne constitue pas un conseil juridique. Les qualifications reposent sur le texte du règlement et les lignes directrices de la Commission ; dans chaque cas, le contexte de l’annonce est déterminant. Lorsque des images générées servent à la publicité, une analyse juridique du cas concret est la bonne démarche.

Sources et références juridiques

Questions fréquentes

Une image de pièce détourée doit-elle être signalée comme retouchée par IA ?

Selon les lignes directrices de la Commission, la suppression de fonds visibles dans le fichier d’origine relève de la mise en forme standard, à laquelle l’obligation de marquage de l’article 50, paragraphe 2, ne s’applique pas. Tant que la pièce elle-même reste inchangée, l’image montre toujours l’exemplaire proposé. L’appréciation du cas concret reste l’affaire de l’entreprise.

Puis-je utiliser une image générée par IA pour une pièce d’occasion ?

Pas à la place de la photo : elle ne montre pas l’état de l’exemplaire proposé et peut tromper sur ses propriétés. eBay interdit les photos génériques pour les objets d’occasion et les photos qui ne correspondent pas exactement à l’objet. Qu’une image complémentaire clairement signalée comme représentation soit admise dépend du cas d’espèce et des règles de la marketplace concernée.

Depuis quand les obligations de signalement s’appliquent-elles ?

L’article 50 s’applique depuis le 2 août 2026. Seuls les fournisseurs de systèmes génératifs mis sur le marché avant cette date disposent d’un délai jusqu’au 2 décembre 2026 pour le marquage lisible par machine du paragraphe 2. La divulgation des hypertrucages ne bénéficie d’aucune période transitoire.

Qui doit signaler – le fournisseur de l’outil d’image ou le négociant ?

Les deux, chacun autre chose. Le fournisseur du système d’IA assure le marquage lisible par machine ; le déployeur divulgue les hypertrucages. Celui qui publie l’annonce répond au premier chef du caractère trompeur et du respect des règles de la marketplace.

Comment savoir, dans la réponse de l’API, qu’une image a été générée ?

Pour un travail de génération, synthetic: true figure dans le résultat et dans chaque vue, avec disclosure et basis. Pour POST /vision/part/composite et POST /vision/identifiers/redact, l’objet provenance de l’image résultante contient la qualification dans synthetic et le texte de mention dans requiredLabel. Pour le détourage, sourcePixelsPreserved confirme que les pixels proviennent de la photo.

Quelles amendes l’AI Act prévoit-il ?

Selon l’article 99, paragraphe 4, les manquements aux obligations de transparence de l’article 50 sont passibles d’amendes jusqu’à 15 millions d’euros ou, pour les entreprises, jusqu’à 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu. Pour les PME et, depuis le règlement modificatif, pour les petites entreprises à moyenne capitalisation, le montant le plus faible s’applique.

Cet article constitue une orientation professionnelle générale et ne remplace pas un conseil juridique. Le texte applicable et les prescriptions de votre autorité compétente font foi.